Au regard des valeurs universelles portées par la France, notamment à travers les Droits de l’Homme, et le nécessaire besoin de réforme de notre contrat social, il n’est plus possible que les chômeurs et la classe moyenne, qui fait l’objet d’un matraquage fiscal, soient mis dos à dos. Toutes deux victimes d’un mode de fonctionnement qui a atteint ses limites, ces populations ne peuvent supporter plus de régulation étatique sans la conquête d’un droit politique nouveau, à même hauteur révolutionnaire que le suffrage universel. Dans ce contexte, je propose que soit institué un revenu de base à vie, versé à chaque français, chaque mois, de la naissance à la mort, que l’on soit chômeur, actif ou retraité. Ce revenu viserait à garantir une rentrée d’argent à tous, d’un montant permettant de vivre, indépendamment des besoins spécifiques à chacun. Cela pourrait être un revenu de l’ordre de 800 euros pour un adulte, un enfant toucherait la moitié de cette somme et serait gérée par ses parents ou un tuteur légal.

Cette idée d’un revenu de base est, par ailleurs, très ancienne puisqu’elle a séduit le philosophe Thomas Moore dès le 16e siècle et, bien plus tard, l’apôtre du libéralisme économique Milton Friedman. Ici, il s’agirait plus spécifiquement d’un revenu qui s’ajouterait au salaire pour assurer une progressivité des revenus, et qui, pour les majeurs inactifs, serait versé en contrepartie d’une action d’utilité publique (service civique, association…) pour un tiers de leur temps.

Pour que chacun puisse disposer du minimum vital : créons un revenu de base, à vie.


Pourquoi créer un revenu de base à vie ?

Un revenu de subsistance pour chacun

La précarisation progressive des individus peut, avec le revenu de base à vie, être endiguée, ce qui contribuerait notamment à sécuriser nos étudiants, nos entrepreneurs et nos artistes. Au-delà de ces classes créatives, le taux de chômage, en France, se situe à un niveau très élevé (10% en 2014), et certaines catégories sont plus fortement touchées que d’autres : jeunes, séniors, ruraux, banlieusards. Pour tous ces publics, mais également pour les militants associatifs, les citoyens investis dans la vie de leur quartier, le revenu de base permettrait de leur assurer le minimum vital.

Du temps pour se consacrer à d'autres activités que le travail rémunéré

Le revenu de base permettrait, aux citoyens qui le souhaitent, de se réapproprier leur bien le plus précieux, le temps, et se vouer à des activités qu’ils considèrent comme importantes. Les objectifs personnels, quand ils ne peuvent être convertis en argent, sont souvent abandonnés au profit du travail. Dans ce cadre, la mise en place d’un revenu de base donne le choix, à chacun, de s’engager dans des activités auxquelles il donne du sens. Se mobiliser pour participer à la vie de la cité, créer du lien social, s’investir dans une association, toutes ces formes d’engagement peuvent, par exemple, être investies.

Un revenu versé en contrepartie d'une activité d'utilité publique

Le degré de sécurisation du revenu de base justifie, à lui seul, que les bénéficiaires soient sollicités, en contrepartie, sur des activités civiques. Le revenu de base entrerait dans le cadre d’une redistribution de l’impôt. Pour accepter l’effort à consentir pour qu’il soit mis en place, les bénéficiaires sans emploi, ayant du temps disponible, devront consacrer un à deux jours par semaine, à une activité d’utilité publique. Cette activité pourra s’effectuer au sein d’une association reconnue, ou dans le cadre d’une collectivité. En cela, le dispositif ne constitue pas un encouragement à la paresse, et limitera assurément tout effet d’aubaine.

Une progressivité des revenus garantie pour les salariés

Un nombre croissant de salariés éprouve un sentiment d’injustice car leur travail ne leur assure pas un meilleur niveau de vie que le chômage. En mettant bout à bout les charges inhérentes à une activité salariée, que ce soit la garde des enfants, les frais de transport, de restauration, et les impôts sur le revenu, certains salariés ont le sentiment de gagner autant, voire moins, que les personnes qui vivent du chômage. Avoir un travail doit donc toujours être financièrement plus intéressant : en cela, le revenu de base, versé à tous, réintroduit de la progressivité, sous réserve du maintien d’un salaire minimum pour les actifs.

Un financement basé sur le principe des vases communicants

Pour financer le revenu de base, il n’est pas nécessaire de créer des taxes et impôts en plus : il s’agit plutôt de transférer les aides existantes vers un pot commun. Ainsi, sa mise en place ne coûterait pas plus cher que les dépenses sociales actuellement consenties par l’Etat. Il se substituerait, partiellement ou en totalité, à des aides telles les allocations chômage, logement, familiales, ou les pensions de retraite du régime général. Comme, grâce à ce revenu, les bénéficiaires seraient dotés d’un pouvoir d’achat plus élevé, la TVA, impôt direct que tout le monde paie, constituerait également une source de financement.

Une optimisation du fonctionnement de la sécurité sociale

Le revenu de base, somme forfaitaire, versée à chaque individu, indépendamment de sa situation conjugale, familiale, simplifierait le système de la sécurité sociale. Contrairement au RSA où, en 2013, une personne percevait 425 euros (forfait logement et APL exclus) quand un couple percevait 609 euros, l’individualisation et la lisibilité du versement du revenu de base aurait pour corollaire une diminution des frais administratifs. Cela éviterait, entre autres choses, les opérations de régularisation dont le phénomène de trop-perçu qui, aujourd’hui, mine le système du RSA en termes de gestion.

Un revenu socle facilitant une flexisécurité du marché du travail

Le revenu de base constitue un socle apportant un premier niveau de sécurisation des revenus : il constitue une sécurité autorisant l’introduction d’une flexisécurité. Les chefs d’entreprise pourraient ainsi licencier plus facilement en cas de baisse de leur carnet de commandes avec, en contrepartie, des indemnités plus conséquentes pour les personnes licenciées. Le revenu de base constituerait une première brique d’indemnisation garantie, pouvant être complétée. Dans ce cadre, les PME, qui hésitent à embaucher en période florissante de peur que la conjoncture ne se retourne, n’auraient plus ce frein à l’embauche.


"Il n'est rien au monde d'aussi puissant qu'une idée dont l'heure est venue." Victor Hugo

Ajouter un commentaire

Filtered HTML

  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Tags HTML autorisés : <a> <em> <strong> <cite> <blockquote> <code> <ul> <ol> <li> <dl> <dt> <dd>
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.