Notre économie de marché se base sur un modèle linéaire de consommation des ressources naturelles : celui-ci consiste à extraire, fabriquer, consommer en masse, et à jeter. Ce mode de fonctionnement a pris une ampleur telle que l’estimation de certains gisements présente, pour le siècle en cours, une perspective d’épuisement. Au regard des prévisions de croissance de la population mondiale, et de la raréfaction des ressources qui en découle, ce modèle n’est pas soutenable dans la durée. Dans ce contexte, l’économie circulaire peut nous permettre de passer du jetable au durable et, ainsi, préserver les ressources de notre planète. En s'inspirant du fonctionnement des écosystèmes naturels, cette économie transforme les déchets en matières premières ; celles-ci sont ensuite réutilisées pour la conception d’autres produits. Elle donne au facteur écologique, indispensable à la préservation des écosystèmes, une place centrale dans le cycle de production industrielle.

Pour nombre d’observateurs, la circularité représente plus qu'une économie : c'est une vision d’avenir que certaines entreprises conjuguent déjà au présent. Elles anticipent cette mutation en travaillant sur les approvisionnements et la conception de leurs produits. Les collectivités s’engagent pour que cette économie soit un levier de développement des territoires. Si une dynamique est bien présente, elle doit être soutenue par les pouvoirs publics dans la durée : une loi de programmation permettrait d’assurer les conditions réglementaires essentielles à une transition vers une économie circulaire.

Pour se doter d'un modèle vertueux :

développons l'économie circulaire.


Pourquoi développer l'économie circulaire ?

Un atout stratégique dans la gestion des ressources d'un pays

Dans un monde où les ressources naturelles sont de plus en plus difficiles d’accès, et donc de plus en plus coûteuses, l’économie circulaire contribue à sécuriser les approvisionnements des pays car elle diminue leur dépendance vis-à-vis des pays producteurs d'énergies ou de matières rares. Aussi, dans un rapport réalisé en 2012 par le cabinet McKinsey, sur commande de la fondation Ellen MacArthur, il ressort que l'économie circulaire permettrait de réaliser, au niveau européen, une économie en matières premières de 340 à 380 milliards de dollars US nets par an.

Un modèle qui optimise la performance économique des entreprises

Pour une entreprise, la gestion des déchets peut représenter un coût conséquent. Or, les solutions de mise en décharge ou d’incinération peuvent être remplacées par un système de valorisation. A cet égard, plus une entreprise réutilise les matières premières qui entrent dans la fabrication de ses produits, plus elle réalise d’économies. Si l’industrie des téléphones portables, par exemple, concevait des appareils facilement démontables, améliorait la chaîne de recyclage, et proposait des mesures incitatives pour leur retour, les coûts de fabrication de ces téléphones pourraient être divisés par deux par appareil.

Un gisement d'emplois non délocalisables dans les territoires

S’appuyant sur un réseau d'interrelations locales entre tous les acteurs, collectivités, entreprises et associations, l’économie circulaire favorise les circuits courts, ce qui permet l'émergence d'emplois non-délocalisables et aide à la réindustrialisation de nos territoires. En France, la gestion des déchets, levier majeur du développement de l’économie circulaire, représenterait, à lui seul, plus de 135 000 emplois. Pour profiter à plein de ces emplois, l’orientation des flux de déchets vers le recyclage, et la qualité de ces flux, dépendent de l’efficacité du système mis en place.

Des réussites locales et des bonnes pratiques à diffuser

Plusieurs territoires ont commencé à mettre en place des écosystèmes intégrant axé sur l'économie circulaire, et vivent cette nouvelle réalité. Le Nord-Pas de Calais, territoire pionnier en France, a, depuis 10 ans, promu l’existence de structures comme le Cd2e, cluster environnemental unique en Europe dédié à l'éco-transition. La région Aquitaine a, quant à elle, publié le premier plan régional en faveur de l'économie circulaire. A l’image de Ouatéco, entreprise locale qui recycle les journaux invendus, l’un des objectifs de ce plan est d’identifier et promouvoir le potentiel aquitain en matière de circularité.

Une économie de la fonctionnalité qui réduit l'obsolescence programmée

Dans une économie circulaire, on passe de la vente d’un bien à la commercialisation de son usage : la valeur d’un produit réside dans sa fonction, ce qui fait naître une économie de la fonctionnalité. De plus, cette économie substitue le principe d’achat à celui de location, leasing ou de partage des produits. Dans ce cadre, il n’y a plus d’intérêt à concevoir un produit à courte durée de vie car le business  model n’est plus axé sur la prévision d’un nouvel achat. La durabilité d’un produit devient un facteur inhérent à sa conception, ce qui réduit toute logique d’obsolescence programmée.

Une économie en phase avec les attentes des consommateurs

Production locale, qualité, durabilité, réemploi, sensibilité écologique sont autant de critères portés par l’économie circulaire et qui, en France, correspondent aux attentes des consommateurs. En mai 2014, le CREDOC a réalisé, pour le compte de l’ADEME, une étude portant sur l’évolution du comportement des Français face au développement de l’économie circulaire. Les résultats de cette étude sont assez nets quant à leur interprétation : entre 65% et 80% des Français, selon les groupes, souhaitent faire durer les objets qu’ils achètent, et 90% d’entre eux pensent que le réemploi est un mode de consommation d’avenir.

Un véritable modèle économique pour le développement durable

L’économie circulaire réunit les conditions de réalisation d’un développement durable qui intègre les exigences de performance financière des entreprises. Grâce à sa capacité à remplacer le modèle linéaire qui génère des déchets en masse, et à découpler la croissance économique de l’épuisement des ressources naturelles, l’économie circulaire crée de la valeur environnementale. L’ADEME, dans son bilan annuel de 2010 sur le recyclage, estime par exemple que l’impact environnemental du recyclage a permis, pour la France, d’éviter l’émission de 20 millions de tonnes équivalent CO2.


"Il n'est rien au monde d'aussi puissant qu'une idée dont l'heure est venue." Victor Hugo

Commentaires

Et quel beau message pour les nouvelles générations !!!

Je suis complètement d'accord avec le message que vous véhiculez dans cet article! L'économie circulaire a toujours une mauvaise image dans la tête des gens qui sont persuadés que l'on peut pas concilier à la fois économie circulaire ET développement économique ! Votre artice montre bien que c'est largement possible. Personnellement, j'insisterais davantage sur le point 7 et la nécessité de promouvoir les énergies renouvelables car on en est largement capable : EDF a plein de ressources pour investir et doit impérativement le faire plutôt que de poursuivre sur la voie du nucléaire ... Ce site est sans appel sur le sujet http://www.fournisseur-energie.com/edf / favorisons les énergies vertes !

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